Vous pouvez consulter les descriptions et les résultats des projets retenus en 2017 par la Fondation Vaincre Alzheimer.

Créée en 2005, l’association Ligue Européenne Contre la Maladie d’Alzheimer (LECMA) est devenue, en avril 2017, la Fondation Vaincre Alzheimer. L’organisation finance chaque année la recherche scientifique d’excellence en France. En soutenant les projets les plus prometteurs, la Fondation espère contribuer à la découverte d’un traitement efficace contre la maladie d’Alzheimer.

Prof. Edith Heard

CNRS, Institut Curie, Paris

Étude des modifications épigénétiques de l’ADN dans le vieillissement cérébral  (SUBVENTION STANDARD)

Toutes nos cellules contiennent la même information génétique, mais elles n’en font pas toutes la même utilisation : un neurone ne ressemble pas à une cellule de peau. Chaque type de cellule utilise les informations génétiques à sa façon, pour remplir sa fonction. L’épigénétique est l’étude des modifications dans l’activité des gènes, sans que cela ne transforme la séquence d’ADN. Ce sont donc des modifications réversibles.

Dans le cerveau, ces marques épigénétiques sont très importantes et impliquées notamment dans les processus de mémorisation. On sait qu’en général au cours du vieillissement, les marques épigénétiques peuvent être altérées et l’on suspecte que cela ait un lien avec la maladie d’Alzheimer, cependant on ne sait pas dans quelle mesure le cerveau est affecté. Le but de ce projet est de comprendre quelles modifications épigénétiques sont le plus affectées au cours du vieillissement et d’étudier leur impact sur la régulation des gènes, notamment ceux connus pour être impliqués dans la maladie d’Alzheimer.

Ce projet est essentiel pour mieux comprendre le vieillissement du cerveau et la maladie d’Alzheimer, il pourrait contribuer à l’identification d’une cause moléculaire ainsi qu’au développement de nouvelles stratégies thérapeutiques.

1er janvier 2018 au 31 décembre 2019 (2 ans)

100 000 €

Dr. Devrim KILINC (post-doctorant)

INSERM, Institut Pasteur de Lille

Etude du rôle du facteur de risque génétique Pyk2 dans la mauvaise communication entre les neurones chez les malades d’Alzheimer (SUBVENTION PILOTE)

Ces dernières années, de nombreux facteurs de risque génétiques de la maladie d’Alzheimer ont été caractérisés. Cependant, il est parfois très difficile de comprendre comment ces nouveaux déterminants génétiques sont impliqués dans le développement de la maladie. Il est donc essentiel de déterminer les mécanismes mis en jeu.

Grâce à la Fondation Vaincre Alzheimer, le Dr. Kilinc va travailler sur le gène Pyk2, récemment caractérisé comme facteur génétique majeur de la maladie d’Alzheimer. Ce gène semble être impliqué dans la dynamique et le maintien des synapses, ce qui permet la bonne communication entre les neurones. Or, dans la maladie d’Alzheimer, il existe une perte des synapses, qui est lié au déclin cognitif des patients. Le Dr. Kilinc va donc analyser l’impact de Pyk2 sur les synapses par des techniques de microfluidique : sur ces « laboratoires sur puce », le Dr. Kilinc va faire pousser des neurones, il va reconstituer in vitro des circuits neuronaux pour analyser en détail la transmission entre les neurones.

Ce travail devrait permettre de comprendre le rôle du facteur de risque génétique Pyk2 dans la modification de la plasticité des synapses impliquées dans la maladie d’Alzheimer. Cette nouvelle approche pourrait alors conduire à proposer de nouvelles pistes thérapeutiques pour améliorer la transmission neuronale.

1er janvier 2018 au 31 décembre 2019 (2 ans)

40 000 €

Dr Pierre Lafaye

CNRS, Institut Pasteur, Paris

Développement d’anticorps pour le diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer en imagerie cérébrale (SUBVENTION STANDARD)

Dans le projet financé par la Fondation Vaincre Alzheimer, l’équipe du Dr Pierre Lafaye va développer des anticorps VHH de lama qui seront couplés à un agent de contraste, pour les rendre visibles par IRM (imagerie par résonance magnétique). Le Dr Pierre Lafaye prévoit d’utiliser ces « anticorps magnétiques » pour la détection des lésions cérébrales de la maladie d’Alzheimer (plaques amyloïdes et dégénérescences neurofibrillaires) du vivant des patients.

L’IRM étant une modalité d’imagerie très courante en milieu hospitalier il sera alors rapidement possible de mettre en place ces « anticorps magnétiques » pour le diagnostic de la maladie chez l’homme.

Dans l’avenir, il est vraisemblable que les thérapies contre la maladie d’Alzheimer devront être administrées très précocement. Il est donc important de découvrir des méthodes de diagnostic précoce et de qualité de la maladie d’Alzheimer applicables à un grand nombre de patients.

1er janvier 2018 au 31 décembre 2019 (2 ans)

100 000 €

Dr Isabelle LE BER

INSERM, Institut du Cerveau et de la Moelle, Paris

Identification de nouveaux outils de diagnostic précoce des démences frontotemporales (SUBVENTION STANDARD)

Les Démences fronto-temporales (DFT) sont les formes les plus communes de démences préséniles après la maladie d’Alzheimer. Les patients présentent une détérioration progressive du comportement et des troubles cognitifs associés à une atrophie progressive du cerveau. Au niveau cérébral, certaines protéines sont modifiées et s’accumulent pour former des lésions. Les DFT sont également des maladies fortement héréditaires, jusqu’à 50 % de cas familiaux. Il existe plusieurs gènes identifiés responsables de DFT, qui conduisent à des manifestations diverses de ces maladies. Étant donné la complexité des DFT, il arrive qu’au début de la maladie, on les confonde avec des troubles psychiatriques ou la maladie d’Alzheimer. Il est donc nécessaire de rendre le diagnostic des DFT plus fiable.

Le but de ce projet est d’analyser des échantillons de peau et de prélèvements sanguins de patients atteints de démences fronto-temporales à différents stades de la maladie afin d’identifier des marqueurs génétiques (biomarqueurs « ARN »). Ces échantillons sont facilement accessibles, et ne nécessitent pas de technique invasive pour leur prélèvement afin de préserver les patients. Ainsi, les biomarqueurs « ARN » identifiés permettront de prédire l’évolution de la maladie à un stade précoce, de suivre sa progression et d’évaluer l’efficacité des futurs traitements thérapeutiques. Identifier de nouveaux outils de diagnostic précoce des démences fronto-temporales est donc une priorité.

Or les démences fronto-temporales et la maladie d’Alzheimer ont des symptômes cliniques très proches. Certaines lésions cérébrales des DFT se retrouvent chez des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Ces 2 maladies ont en effet en commun des modifications sur la protéine tau, ce qui permet de mieux comprendre les mécanismes biologiques qui amènent au développement de la maladie d’Alzheimer.

Les progrès dans la compréhension des maladies neurodégénératives arrivent par vagues. Une vague récente, couvrant la dernière décennie, a littéralement décuplé nos connaissances sur les DFT. La recherche sur ces maladies est aujourd’hui à la pointe du progrès et devrait permettre des découvertes qui concerneront tant la maladie d’Alzheimer que les DFT elles-mêmes.

1er janvier 2018 au 31 décembre 2019 (2 ans)

100 000 €