Vous pouvez consulter les descriptions et les résultats des projets retenus en 2012 par la Fondation Vaincre Alzheimer.

Créée en 2005, l’association Ligue Européenne Contre la Maladie d’Alzheimer (LECMA) est devenue, en avril 2017, la Fondation Vaincre Alzheimer. L’organisation finance chaque année la recherche scientifique d’excellence en France. En soutenant les projets les plus prometteurs, la Fondation espère contribuer à la découverte d’un traitement efficace contre la maladie d’Alzheimer.

Dr. Virginie DESESTRET

INSERM, Centre de Recherche en Neurosciences – Lyon

Etude d’un modèle expérimental d’encéphalite pour comprendre le dysfonctionnement de communication entre les neurones dans la maladie d’Alzheimer (SUBVENTION PILOTE)

Les structures de communication entre les neurones s’appellent les synapses. De nombreux arguments suggèrent qu’une atteinte des synapses est au cœur du processus de la maladie d’Alzheimer. Il existe notamment un dysfonctionnement sur ces synapses des récepteurs NMDA, récepteurs essentiels à la mémoire. Il paraît essentiel de déchiffrer les mécanismes qui aboutissent à ces dysfonctionnements, corrélés aux troubles de mémoire des patients, car leur connaissance pourrait ouvrir des perspectives thérapeutiques. Or, il existe une autre maladie neurologique, l’encéphalite à anticorps anti-récepteur NMDA. Au cours de cette maladie, les patients produisent des auto-anticorps dirigés contre le récepteur NMDA de leurs propres neurones et présentent des troubles de mémoire aigus. Les auto-anticorps de ces malades perturbent la synapse de façon aigue, exactement comme le fait la protéine bêta-amyloïde dans la maladie d’Alzheimer de façon lente et insidieuse. Notre objectif est d’utiliser expérimentalement ces auto-anticorps de patients souffrant d’une encéphalite pour étudier les mécanismes de blocage des récepteurs NMDA dans la maladie d’Alzheimer. Ce modèle expérimental nous permettra d’étudier les conséquences de ce blocage sur le fonctionnement et la structure des synapses des neurones. Nous testerons également une possible thérapeutique en utilisant des molécules pouvant se lier aux récepteurs NMDA, dans le but de protéger la morphologie des synapses.

1er novembre 2012 au 31 octobre 2014

40 000€

Dr. Sabrina DAVIS

CNRS, Centre de Neurosciences Paris-Sud – Paris

Etude de l’impact du diabète de type 2 dans le développement de la maladie d’Alzheimer au stade précoce

Certains facteurs de risque environnementaux semblent jouer un rôle important dans le développement de la maladie d’Alzheimer, en particulier dans sa phase précoce, avant l’apparition des symptômes. Un important facteur de risque de la maladie est le diabète de type 2. Notre hypothèse est que ce diabète, en grande partie induit par l’obésité, provoque un dysfonctionnement des neurones durant un certain nombre d’années. Ce dysfonctionnement favoriserait la formation des plaques amyloïdes. Le but de ce projet est de vérifier qu’une petite quantité de protéines bêta-amyloïde, qui seule n’a pas d’effet durable sur le développement de la maladie d’Alzheimer, peut induire la maladie dans des modèles expérimentaux présentant un diabète de type 2. Les résultats fourniront des informations importantes dans la compréhension du rôle du diabète de type 2 aux premiers stades de la maladie d’Alzheimer. Ainsi, nous pourrons gagner un temps précieux pour développer des stratégies thérapeutiques dont le but est de retarder l’apparition des symptômes de la maladie d’Alzheimer.

1er novembre 2012 au 31 octobre 2014

80 000€

Dr. Laurence LANFUMEY

INSERM, Faculté de Médecine Pitié-Salpêtrière – Paris

Nouvelle stratégie de traitement contre la maladie d’Alzheimer par des molécules mimant l’action de facteurs de croissance Programme franco-néerlandais avec le Dr. Gunter Kenis (Maastricht) financé par l’association ISAO

Les démences, telles que la maladie d’Alzheimer, représentent un problème de santé majeur dans la population occidentale vieillissante. Bien que les causes exactes de cette pathologie ne sont pas connues, des recherches récentes en biologie moléculaire ont permis de mettre en évidence des mécanismes qui pourraient jouer un rôle clé dans le développement et la progression de la maladie d’Alzheimer. L’un de ces mécanismes concerne les facteurs de croissance qui assurent un fonctionnement normal des cellules nerveuses et stimulent la formation de nouvelles connexions entre ces cellules. Lors du vieillissement, et d’autant plus dans la maladie d’Alzheimer, la production de ces facteurs de croissance est diminuée, ce qui va affecter les fonctions cérébrales telles que la mémoire.

Le Centre de Psychiatrie et Neuroscience (CPN, Université Paris-Descartes) et le Laboratoire d’Innovation Thérapeutique (Université de Strasbourg) ont développé des molécules qui miment l’action de ces facteurs de croissance. Dans ce projet, ces molécules seront analysées par l’Université de Maastricht et le CPN afin de savoir si elles peuvent améliorer les processus mnésiques dans des modèles animaux expérimentaux développant certains aspects de la maladie d’Alzheimer et d’étudier les mécanismes moléculaires mis en jeux dans les effets protecteurs de ces agents.

1er novembre 2012 au 31 octobre 2014

36 000€

Dr. Sylvie CLAEYSEN

INSERM, Université de Montpellier – Montpellier

Approche curative de la maladie d’Alzheimer par des médicaments à cibles multiples

Les traitements actuels contre la maladie d’Alzheimer ne procurant que des bénéfices symptomatiques, il est urgent de les compléter par une approche curative. Les développements récents d’inhibiteurs de - et -sécrétases visant à réduire la formation du peptide beta-amyloïde toxique (Aß) ont été très décevants et plusieurs ont été interrompus pour cause d’effets indésirables. Notre objectif est similaire : réduire la formation du peptide Aß délétère et son agrégation, mais en utilisant des molécules innovantes caractérisées par leur triple activité fonctionnelle. Nous visons à obtenir des composés activateurs du récepteur 5-HT4, capables d’augmenter la coupure en  de l’APP, empêchant la production d’Aß et induisant la sécrétion du fragment neuroprotecteur sAPP. Ces molécules seront sélectionnées pour avoir deux autres propriétés :
1) inhiber l’activité de l’acétylcholinestérase en agissant sur son site catalytique (CAS) et
2) inhiber l’agrégation du peptide Aß induite par le site périphérique (PAS) de l’acétylcholinestérase. Nos molécules auront donc une activité réduisant les symptômes et une activité réduisant l’évolution de la maladie via l’augmentation de la sécrétion de sAPP et via la réduction de l’agrégation amyloïde. Notre démarche expérimentale s’inscrit dans une approche récente visant à concevoir des médicaments ayant des cibles multiples pour traiter des pathologies complexes.

1er novembre 2012 au 31 octobre 2014

80 000€

Dr. Martin HOLZENBERGER

INSERM, Centre de Recherche Saint-Antoine – Paris

Etude du rôle des facteurs de croissance semblables à l’insuline dans la progression de la maladie d’Alzheimer

Le nombre de cas de maladie d’Alzheimer augmente fortement: aujourd’hui, parmi les personnes de plus de 75 ans, une sur 10 est affectée. Le développement de traitements efficaces reste une priorité, il est donc impératif d’explorer de nouvelles voies thérapeutiques. Des résultats expérimentaux récents suggèrent que les facteurs de croissance insulino-semblables, les IGF, pourraient jouer un rôle majeur dans la maladie d’Alzheimer. Il a été clairement montré que les IGF protègent les neurones du cerveau, ce qui pourrait freiner l’avancement de la neurodégénérescence liée à la maladie d’Alzheimer. En revanche, d’autres travaux montrent qu’en inactivant le récepteur des IGF on peut également ralentir la maladie. Les IGF joueraient alors un rôle clé dans la formation des plaques denses et l’agrégation des peptides β-amyloïde. Nous avons développé de nouveaux modèles de souris génétiquement modifiées, qui permettent d’étudier l’impact direct des IGF sur le fonctionnement neuronal et sur l’évolution de la neuropathologie et des déficits cognitifs. Dans ce projet, nous proposons grâce à un nouveau modèle murin d‘élucider les mécanismes moléculaires et pathophysiologiques sous-tendant le rôle des IGF dans la progression de la maladie d’Alzheimer. Notre stratégie permettra in fine d’évaluer les IGF comme des potentielles nouvelles cibles thérapeutiques.

1er novembre 2012 au 31 octobre 2014

80 000€

Dr. Christian GIAUME

INSERM, Collège de France – Paris

Etude du dysfonctionnement de communication entre les cellules gliales et de son impact sur l’état des neurones dans la maladie d’Alzheimer

Le fonctionnement du cerveau repose sur l’activité des neurones, responsables de l’influx nerveux, et des cellules gliales. Parmi ces dernières, les astrocytes assurent de multiples fonctions: maintien de l’homéostasie, support trophique et métabolique des neurones, modulation de l’activité synaptique et régulation du débit sanguin. Leur dysfonctionnement est donc néfaste pour les neurones et leur implication dans les pathologies cérébrales incluant la maladie d’Alzheimer (MA) est maintenant reconnue.

Notre projet vise à déterminer comment les astrocytes interviennent dans la MA en utilisant une approche multidisciplinaire dans un modèle murin de cette pathologie. Notre étude porte sur les connexines, protéines formant des canaux membranaires permettant l’échange de petites molécules (ions, glucose, ATP…) entre astrocytes voisins et entre cytoplasme et milieu extracellulaire. Leur expression est modifiée dans la MA au niveau des plaques amyloïdes, lésions caractéristiques de cette pathologie. Nous proposons d’examiner si ces changements modifient les fonctions des connexines et donc l’aptitude des astrocytes à communiquer entre eux et/ou avec les neurones et d’identifier quelles sont les répercussions sur l’état des neurones (activité/survie) et la progression de cette pathologie. Notre projet devrait permettre d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques gliales sur lesquelles agir pour améliorer l’état des neurones et/ou ralentir le processus neurodégénératif.

1er novembre 2012 au 31 octobre 2014

80 000€