Immunothérapie et Alzheimer : la molécule BAN2401 ralentirait le déclin cognitif !

La recherche par immunothérapie montre des résultats positifs et remplit les patients d’espoir

Il s’agit de « résultats encourageants » pour l’immunothérapie par la molécule BAN2401 selon le Dr Maï Panchal, Directrice scientifique de la Fondation Vaincre Alzheimer. Sécurité, tolérance et efficacité ont en effet été testés lors de cette phase 2 de l’essai clinique ayant révélé des résultats positifs.

Initialement développée par la société suédoise BioArtic, puis par le groupe pharmaceutique Eisai, en partenariat avec Biogen, la molécule BAN2401 est un anticorps qui vise à éliminer les plaques amyloïdes dans le cerveau des malades d’Alzheimer. « Les plaques amyloïdes sont une des deux lésions caractéristiques de la maladie d’Alzheimer qui se développent dans le cerveau et empêchent le bon fonctionnement des neurones. » rappelle le Dr Panchal.

Dans cette étude, comptant près de 856 personnes, tous les participants étaient atteints d’une maladie d’Alzheimer prodromale (troubles cognitifs légers sans perte d’autonomie au quotidien) ou d’une maladie d’Alzheimer à un stade léger. « Ces personnes présentaient toutes des dépôts amyloïdes cérébraux, vérifiés par PET-scan ou par analyse du liquide céphalo-rachidien. » explique la Directrice scientifique.

Ainsi, sur une période de 18 mois, 3 groupes de patients ont reçu chacun une perfusion d’une dose d’anticorps (2.5 mg/kg, 5 mg/kg et 10 mg/kg) et un groupe de patient a reçu la molécule placébo. Les résultats sont très positifs. « L’immunothérapie anti-beta amyloïde, utilisant la dose la plus élevée, deux fois par mois, montre un ralentissement du déclin cognitif chez ces patients. L’analyse des examens en PET-scan montre qu’à cette dose, l’anticorps élimine les plaques amyloïdes. C’est la preuve de concept la plus importante qui montre que cette molécule peut modifier le développement de la maladie d’Alzheimer. » se félicite le Dr Maï Panchal.

Des résultats prometteurs donc, qui permettent d’observer un changement clinique, l’amélioration du déclin cognitif, en parallèle d’un changement d’un biomarqueur, réduction de la charge amyloïde cérébrale.

Bien que des réactions légères à modérées liées à la perfusion ont été observées, la tolérance est encourageante pour les prochaines phases de l’essai clinique.

Comme le rappelle le Dr Panchal, « il ne faut pas oublier que nous ne sommes qu’à la phase 2b de l’essai clinique. Cette phase permet de comparer un groupe qui reçoit le traitement par rapport à un autre groupe qui reçoit le placébo, et de déterminer la dose efficace pour montrer un effet positif sur un petit nombre de patients. Il faudra attendre la phase 3 pour confirmer l’efficacité de ce traitement sur un grand nombre de patients ».

Ces résultats seront présentés en détail très prochainement lors de congrès scientifiques internationaux sur la maladie d’Alzheimer (AAIC fin juillet 2018 et CTAD fin octobre 2018).

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