Vous pouvez consulter les descriptions et les résultats des projets retenus en 2010 par la Fondation Vaincre Alzheimer.

Créée en 2005, l’association Ligue Européenne Contre la Maladie d’Alzheimer (LECMA) est devenue, en avril 2017, la Fondation Vaincre Alzheimer. L’organisation finance chaque année la recherche scientifique d’excellence en France. En soutenant les projets les plus prometteurs, la Fondation espère contribuer à la découverte d’un traitement efficace contre la maladie d’Alzheimer.

Dr Cécilia SAMIERI

Université Bordeaux II – Bordeaux

Nutrition et marqueurs de la Maladie d’Alzheimer en neuroimagerie (SUBVENTION PILOTE)

La Maladie d’Alzheimer du sujet âgé résulte principalement de l’effet de l’âge et de facteurs de susceptibilité génétique, qui pourrait être modulé par des facteurs environnementaux, notamment les facteurs nutritionnels. Ainsi, les acides gras omega-3, ou certains comportements alimentaires comme le régime méditerranéen, pourraient retarder, voire prévenir le risque de maladie d’Alzheimer. Cependant, on manque de preuves concrètes chez l’homme, car les mécanismes d’action des facteurs nutritionnels dans la MA étant mal connus, les essais cliniques sont difficiles à concevoir.

Comprendre comment les facteurs nutritionnels influencent l’expression clinique et le risque de maladie d’Alzheimer permettrait d’abord de mieux comprendre la maladie. C’est aussi un préalable indispensable avant d’envisager d’établir la preuve de la potentielle efficacité préventive des facteurs nutritionnels dans la maladie d’Alzheimer. Nous proposons d’utiliser les avancées récentes en neuroimagerie, qui ont permis d’identifier dans la MA l’existence d’altérations précoces de la structure et du fonctionnement du cerveau.

Notre principal objectif est de corréler, dans une vaste cohorte de sujets âgés Français, l’exposition à certains facteurs nutritionnels aux marqueurs de la maladie d’Alzheimer identifiés à l’Imagerie par Résonance Magnétique (IRM).

A long-terme, nous voulons identifier la meilleure combinaison de facteurs nutritionnels capables de moduler l’expression clinique de la maladie d’Alzheimer.

1er novembre 2010 au 31 octobre 2012

40 000€

Dr Anne-Laurence BOUTILLIER

INSERM, Faculté de médecine – Strasbourg

Contrer les altérations de la mémoire au cours de la maladie d’Alzheimer en influant les régulations épigénétiques

Les dégénérescences neurofibrillaires et les plaques amyloïdes sont deux éléments clé du diagnostic anatomo-pathologique de la maladie d’Alzheimer (MA). Sur le plan génétique, ces marqueurs sont liés à des mutations sur certains gènes. Au niveau symptomatique, cette maladie est caractérisée par des pertes de mémoire aboutissant à une démence sévère. Les patients atteints de MA n’arrivent plus à mémoriser de nouveaux évènements. La formation de la mémoire à long terme requiert la synthèse de nouveaux gènes.

Nous étudions une protéine particulière, qui, en modifiant la structure des gènes sans pour autant opérer de mutations génétiques (i.e. modifications épigénétiques), peut influer le processus de mémorisation.
Nous proposons d’évaluer les changements opérés sur et par cette protéine au cours de l’acquisition d’une mémoire dans deux modèles de souris transgéniques qui présentent des caractéristiques neuropathologiques de la MA. La capacité de nouvelles molécules modulatrices de l’épigénome sera testée dans ces deux modèles. Certaines de ces molécules sont capables d’augmenter la mémorisation, même dans des cerveaux endommagés, ouvrant vers de nouvelles approches thérapeutiques dans le traitement des déficits mnésiques associés à la MA.

1er novembre 2010 au 31 octobre 2012

79 340€

Prof. Guylène PAGE

Université de Poitiers, GReVIC – Poitiers

Etude de la relation entre l’autophagie et l’inflammation dans la maladie d’Alzheimer

La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative qui entraîne la perte progressive et irréversible des fonctions mentales et notamment de la mémoire. Elle est caractérisée par des dépôts amyloïdes insolubles (Aβ) entre les neurones et des agrégats de protéines tau à l’intérieur des neurones. Bien que les causes exactes de la maladie d’Alzheimer restent encore mal connues, la recherche tente de mieux comprendre les dysfonctionnements cellulaires et moléculaires responsables de l’accumulation anormale de ces deux protéines, Aβ et tau, impliquées dans la mort des neurones. De nombreuses données de la littérature soulignent le rôle critique et précoce de l’inflammation et l’autophagie dans cette maladie. L’inflammation est une réaction de défense immunitaire qui se traduit par la production de facteurs toxiques pour la cellule. L’autophagie signifie en grec « se manger soi-même ». D’abord découverte dans les situations de carence, l’autophagie permet, en dégradant des protéines non essentielles, de synthétiser d’autres éléments nécessaires à la survie cellulaire. Il est connu que l’autophagie est altérée au cours de la maladie d’Alzheimer ce qui conduit à la formation de corps d’inclusions contenant les protéines agrégées et à l’impossibilité d’éliminer ces protéines toxiques. L’inflammation et l’autophagie sont impliquées dans la production du peptide Aβ mais aucune donnée n’est disponible à l’heure actuelle sur les interactions possibles entre ces deux phénomènes au cours de la maladie d’Alzheimer. Quelques auteurs ont montré que l’autophagie pouvait contrôler la réponse inflammatoire au niveau périphérique dans d’autres maladies. Le but de ce projet de recherche est donc d’étudier les interactions possibles entre l’autophagie et l’inflammation au niveau du cerveau pour mieux comprendre leurs implications communes dans la production du peptide Aβ. Ce projet utilisera des souris dans lesquelles l’autophagie sera bloquée afin d’analyser la réponse inflammatoire et inversement. Des analyses de plusieurs facteurs inflammatoires, de marqueurs de l’autophagie seront réalisées ainsi que le suivi de la production du peptide Aβ et de la mort cellulaire. Ce projet vise à élucider des liens entre l’autophagie et l’inflammation au cours de la maladie d’Alzheimer dans le but de proposer une nouvelle approche thérapeutique visant à corriger la déficience autophagique et la réaction inflammatoire.

1er novembre 2010 au 31 octobre 2012

80 000€

Dr Santiago RIVERA

CNRS, Aix Marseille II – Marseille

Etude du rôle des protéases MMPs et TIMPs dans la maladie d’Alzheimer

La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative qui entraine une perte progressive et irréversible des fonctions mentales et contre laquelle il n’existe aucun traitement. Une des causes probables de la maladie serait l’accumulation d’agrégats toxiques de protéines dans le cerveau. Ces agrégats peuvent être détruits en conditions normales par d’autres protéines, appelées protéases, mais qui ne fonctionneraient pas correctement dans le cas de la maladie d’Alzheimer. Nous pensons que leur dysfonctionnement serait dû à l’accumulation excessive d’une troisième catégorie de protéines qu’inhibe l’action de ces protéases, les empêchant ainsi d’éliminer les agrégats toxiques. Nous voulons savoir si l’accumulation de ces inhibiteurs peut contribuer au développement de la maladie, auquel cas nous chercherons les moyens de les contrer en vue d’une possible application thérapeutique. Afin de répondre à ces questions nous utilisons comme modèles expérimentaux des cellules et des souris qui reproduisent les anomalies observées dans les cerveaux des patients de la maladie d’Alzheimer et dans lesquelles nous pouvons évaluer nos hypothèses de travail. Nos travaux se réalisent au sein d’un consortium réunissant 3 équipes de recherche du CNRS de Marseille et de Nice.

1er novembre 2010 au 31 octobre 2012

75 000€