Quelles sont les modifications de la protéine tau qui entrainent la mort des neurones ?
Le Pr. Pascale Barbier obtient une subvention Vaincre Alzheimer de 97.842 €
RÉSUMÉ DU PROJET DE RECHERCHE DU PR. PASCALE BARBIER
Ce projet s’intéresse au rôle pathologique de la protéine tau, une des protéines à l’origine de la maladie d’Alzheimer. En temps normal, tau sert à stabiliser le squelette interne des neurones. Mais dans la maladie d’Alzheimer, elle subit une modification anormale appelée hyperphosphorylation. Résultat : elle se détache du squelette, fragilisant le neurone. Se forment alors des agrégats toxiques entrainant la mort du neurone. Pourtant, les détails mécanistiques de ce phénomène restent encore mal compris. C’est là qu’intervient l’équipe du Pr. Barbier : grâce à une technologie innovante, elle cherche à comprendre comment certaines modifications influencent la capacité de tau à se lier correctement au squelette du neurone. Pour cela, elle va étudier sélectivement les phosphorylations dans une région précise de la protéine. Mieux comprendre quelles modifications pathologiques touchent la protéine tau, et dans quelles régions spécifiques, permettra à long terme de développer des stratégies pour empêcher ces altérations, et ainsi prévenir la formation des lésions caractéristiques de la maladie d’Alzheimer.
« Je souhaite exprimer ma profonde gratitude aux donateurs de la Fondation Vaincre Alzheimer pour leur soutien essentiel à ce projet. Votre engagement en faveur de la recherche rend possible la poursuite de travaux ambitieux et porteurs d’espoir. Grâce à votre générosité et à votre confiance, nous pouvons continuer à explorer de nouvelles pistes pour faire progresser la recherche sur la maladie d’Alzheimer. «
Pr. Pascale BARBIER
Laboratoire :
Institut de Neurophysiopathologie, Marseille
Type de subvention :
Subvention Recherche
Montant de la subvention :
97 842 €
L’interview du Pr. Pascale BARBIER
Fondation Vaincre Alzheimer : Avez-vous un lien personnel avec la maladie ?
Pr. Pascale Barbier : « Qui n’a pas été confronté, de près ou de loin, à cette maladie si fréquente chez nos aînés ? Ma grand-mère maternelle a été diagnostiquée de la maladie d’Alzheimer. La voir sombrer, impuissante, dans une solitude mentale, incapable de reconnaître ses proches ou sa propre maison, a été une épreuve douloureuse. Sa détérioration progressive, tant physique que cognitive, jusqu’à sa mort, m’a été insupportable. Cette expérience a décuplé ma motivation à rechercher des pistes d’amélioration des thérapies. »
Fondation Vaincre Alzheimer : Pourquoi avez-vous choisi d’axer vos recherches sur cette maladie neurocognitive ?
Pr. Pascale Barbier : « Au cours de ma carrière je suis devenue spécialiste du système microtubulaire et de sa régulation cellulaire par la protéine tau. C’est donc tout naturel d’aborder ce complexe dans le contexte des pathologies cognitives et en particulier de la maladie d’Alzheimer. »
Fondation Vaincre Alzheimer : En quoi votre projet est-il prometteur ?
Pr. Pascale Barbier : « En temps normal la protéine Tau sert à stabiliser les microtubules. Ces microtubules localisés préférentiellement dans l’axone du neurone forment des rails sur lesquels va circuler l’information permettant la communication d’un neurone à l’autre. Donc, la stabilisation par la protéine tau de ces rails est primordiale pour le maintien de la structure neuronale et la communication entre neurones. Dans la maladie d’Alzheimer, la protéine tau ne se trouve plus sur le microtubule mais dans le neurone sous la forme de dépôts pathologique, les enchevêtrements neurofibrillaires. Ces dépôts sont par ailleurs un des biomarqueurs de la maladie avec les plaques amyloïdes. Le microtubule sans la protéine tau devient instable, le transport axonal est perturbé jusqu’à la mort du neurone. Donc comprendre les mécanismes moléculaires qui détache la protéine tau des microtubules me semble une étape clef du développement précoce de la maladie. »
Fondation Vaincre Alzheimer : Comment notre subvention va-t-elle vous aider ?
Pr. Pascale Barbier : « Ce projet a été initié il y a plusieurs années et a déjà permis d’obtenir des résultats préliminaires très prometteurs, qui ne pourront toutefois pas être pleinement exploités sans le soutien financier de la Fondation Vaincre Alzheimer. Ces dernières années, la cryo-microscopie électronique, une technologie innovante mais coûteuse, a permis de démontrer que les structures tridimensionnelles des filaments pathologiques de la protéine tau issus de patients sont diffèrent selon les maladies neurocognitives. Nous souhaitons utiliser cette technologie afin de déterminer les modifications structurelles du complexe microtubules–protéine tau en fonction des altérations pathologiques de tau, notamment les phosphorylations. Dans ce contexte, le soutien financier privé de la Fondation Vaincre Alzheimer est indispensable à la poursuite de ce projet. »