Rétablir l’équilibre du cuivre dans le cerveau : une nouvelle piste pour protéger les neurones dans la maladie d’Alzheimer
Le Dr. Charlène Esmieu obtient une subvention Vaincre Alzheimer de 117.402 €
RÉSUMÉ DU PROJET DE RECHERCHE DU DR. CHARLÈNE ESMIEU
De nombreuses études révèlent que les ions métalliques, comme le cuivre, jouent un rôle clé dans le développement de la maladie d’Alzheimer. En effet, le cerveau des malades peut souvent présenter un déséquilibre marqué de ce métal. Il s’accumule en excès dans les agrégats toxiques, mais se trouve en quantité insuffisante dans les neurones. Ce déséquilibre contribue ainsi à la génération d’un stress oxydant, particulièrement nocif pour les cellules cérébrales.
Comment rétablir l’équilibre du cuivre sans altérer celui des autres métaux essentiels ? C’est le défi relevé par l’équipe de Charlène Esmieu qui vise à tester de petites molécules capables de cibler spécifiquement le cuivre associé aux agrégats toxiques. L’objectif est de diminuer le stress oxydant et l’inflammation cérébrale liés ce dérèglement. Dr. Esmieu cherche aussi à évaluer si cette approche, centrée sur la correction du déséquilibre métallique, pourrait conduire à l’émergence de nouveaux types de traitements contre la maladie.
« Je souhaite remercier très chaleureusement tous les donateurs et toutes les donatrices de la fondation Vaincre Alzheimer. Grâce à vos dons les recherches sur la maladie d’Alzheimer avancent. Merci de la confiance que vous nous accordez. »
Dr. Charlène ESMIEU
Laboratoire :
Laboratoire de Chimie de Coordination (LCC) UPR 8241 – Toulouse
Type de subvention :
Allocation doctorale
Montant de la subvention :
117 402 €
L’interview du Dr. Charlène ESMIEU
Fondation Vaincre Alzheimer : Avez-vous un lien personnel avec la maladie ?
Dr. Charlène Esmieu : « Je n’ai pas de lien personnel avec la maladie d’Alzheimer. J’ai cependant rencontré des personnes affectées par cette pathologie. Cela m’a donc permis de concrètement mesurer les répercussions de la maladie, tant pour les personnes malades que pour leur entourage. »
Fondation Vaincre Alzheimer : Pourquoi avez-vous choisi d’axer vos recherches sur cette maladie neurocognitive ?
Dr. Charlène Esmieu : « En tant que chimiste, j’ai toujours été passionnée par le rôle des métaux dans les organismes vivants, en particulier dans les enzymes. Lors de conférences internationales, j’ai découvert que des ions métalliques comme le cuivre pouvaient jouer un rôle clé dans le développement de certaines maladies. Cette prise de conscience m’a motivée à rejoindre l’équipe du Dr. Christelle Hureau à Toulouse en tant que chercheuse post-doctorale. En effet, leur travail se concentre sur l’étude des interactions entre le cuivre, le zinc et le peptide béta-amyloïde, impliqué dans la maladie d’Alzheimer. Dans ce cadre, j’ai développé un projet sur les chélateurs de cuivre, une approche thérapeutique potentielle contre cette maladie, portée par les enjeux humains et sociétaux qu’elle représente. »
Fondation Vaincre Alzheimer : En quoi votre projet est-il prometteur ?
Dr. Charlène Esmieu :« Mon projet étudie le cuivre comme cible thérapeutique dans la maladie d’Alzheimer. Les déséquilibres de ce métal, accumulé dans les plaques amyloïdes et appauvri dans les neurones, pourraient ainsi favoriser un stress oxydant néfaste. L’objectif est de bloquer la production de radicaux libres liés à l’interaction entre le cuivre et le peptide béta-amyloïde, et de rétablir l’équilibre du cuivre dans des modèles neuronaux, grâce à des molécules synthétisées en laboratoire.
Cette approche, encore peu explorée, vise à élucider les mécanismes de la maladie et à évaluer son potentiel thérapeutique. À terme, elle pourrait compléter les stratégies existantes, ciblant le peptide béta-amyloïde et la protéine Tau, et contribuer à des traitements innovants axés sur le déséquilibre métallique. »
Fondation Vaincre Alzheimer : Comment notre subvention va-t-elle vous aider ?
Dr. Charlène Esmieu : « Cette subvention privée est une aide inestimable qui va me permettre de recruter un.e doctorant.e sur une période de trois ans qui va travailler à temps plein sur le projet. »