Donécopride : vers un traitement Alzheimer aux propriétés plurielles ?

Anti-amnésique et neuroprotecteur puissant : le donécopride continue de donner de l’espoir

“Véritable couteau suisse anti Alzheimer”. C’est le terme utilisé par les chercheurs français dans le prestigieux British Journal of Pharmacology pour parler du donécopride, comme traitement Alzheimer potentiel.

En effet, le Professeur Patrick Dallemagne du CERMN à Caen travaille depuis plusieurs années sur la molécule donécopride. Etude financée notamment par Vaincre Alzheimer, le Professeur Patrick Dallemagne et ses collaborateurs, le Professeur Christophe Rochais et le Dr Sylvie Claeysen de l’Institut génomique fonctionnel de Montpellier, ont pu prouver l’intérêt potentiel dans la maladie d’Alzheimer de ce candidat-médicament.

“Nous avons démontré que le donécopride est un principe actif qui agit en même temps sur plusieurs cibles d’intérêt thérapeutique dans cette maladie. De ce fait, il se montre très efficace pour restaurer les déficits de la mémoire” rappelle le Prof. Dallemagne.

À présent, l’équipe du Prof. Dallemagne se réjouit de l’avancée de ses recherches grâce à de nouveaux résultats.

“Nous avons montré dans des modèles expérimentaux qu’au-delà de cet effet anti-amnésique, le donécopride est aussi un puissant neuroprotecteur. Il agit positivement sur plusieurs des causes moléculaires impliqués dans la maladie d’Alzheimer. En effet, il agit, notamment, à la fois sur l’agrégation amyloïde et sur les anomalies de la protéine tau.”

Fort de ces propriétés plurielles, lui conférant des effets positifs sur les symptômes et l’évolution de la maladie, le donécopride est en bonne voie pour confirmer son potentiel thérapeutique chez l’homme.

Une étude clinique envisageable dans les 18 mois

La mise sur le marché d’un traitement efficace est le but ultime de cette étude. Mais auparavant, un essai clinique chez l’homme est nécessaire.

La poursuite de ce travail est en cours. Elle vise à engager le donécopride dans une étude préclinique réglementaire. Cette dernière est destinée à préciser les mécanismes d’action de ce candidat-médicament et à vérifier son innocuité afin de l’engager en étude clinique dans l’espoir de confirmer son intérêt chez les malades.

Cette étude clinique pourrait ainsi intervenir dans un délai de 18 mois.

Des espoirs “raisonnables” possiblement proches

Des progrès notables sont récemment survenus avec certains anticorps qui valident pour la première fois l’intérêt des cibles visées par le donécopride. Ces anticorps pourraient prochainement être eux-mêmes mis sur le marché.

Pour le Prof. Dallemagne, ces avancées de la recherche donnent confiance et espoir. “Non seulement le donécopride serait capable de lutter contre les symptômes de la maladie d’Alzheimer mais, il serait aussi capable d’enrayer son évolution. Les effets du donécopride, notamment sur la création de nouvelles interactions entre neurones, nous laisse de ce point de vue des espoirs raisonnables.” rappelle-t-il.

Des espoirs à condition de nouveaux financements

Plusieurs millions d’euros. C’est ce que coûte l’étude menée actuellement par le Prof. Dallemagne. Jusqu’ici financée par des fonds publics et caritatifs, comme ceux de Vaincre Alzheimer qui tient un rôle particulièrement important, ces financements ont permis d’apporter un certain nombre de preuves de concept.

Désormais, pour envisager un essai clinique, il faut investir davantage de fonds. La région Normandie engage aujourd’hui des montants considérables pour amener cette molécule en clinique. Néanmoins, les dons des particuliers restent nécessaires.

“Vous l’aurez compris, sans vous, les donateurs, rien ne serait possible. Vos dons nous ont permis de débroussailler en quelque sorte des projets. Aujourd’hui, nous espérons ardemment les concrétiser au bénéfice des malades et de leurs familles. Merci mille fois, merci !” 

“Je voudrais remercier tous les acteurs de cette véritable aventure collective, les chercheurs bien sûr mais aussi les chargés de valorisation à l’université de Caen (mention spéciale à Emilie Duval) et également à Normandie Valorisation dont sa Directrice Christine Canet et Nicolas Dubois. Et puis tous ceux qui tout simplement tous ceux qui nous encouragent et à cet égard, j’aimerais remercier une nouvelle fois, la fondation Vaincre Alzheimer.”

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