Alzheimer : « Je suis convaincu que la danse a des effets positifs »

Rodolphe Fouillot, danseur et chorégraphe professionnel, s’investit depuis longtemps dans des projets culturels variés. Pendant un an, dans le cadre d’ateliers danse, il s’est rendu à l’EHPAD Sainte-Anne d’Auray de Châtillon (92) afin de chorégraphier une pièce pour personnes âgées.


Fondation Vaincre Alzheimer : Bonjour Monsieur Fouillot, comment vous est-il venu l’idée de proposer des ateliers danse dans des Etablissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) ?

Rodolphe Fouillot : « En réalité, j’ai été contacté par le Conseil général des Hauts de Seine qui souhaitait mettre en œuvre ce projet. J’étais déjà intervenant artistique dans différents programmes culturels et pédagogiques comme Danse à l’école et 10 mois d’école et d’opéra. Donc quand le Conseil général m’a appelé, j’ai tout de suite accepté. Pour moi, la danse est une rencontre, un partage. Il était donc tout naturel de faire partie de ce projet. »

Fondation Vaincre Alzheimer : Est-ce que vous avez constaté des effets positifs chez les personnes âgées avec lesquelles vous avez travaillé ?

R.F. : « En effet, j’ai vu des effets positifs chez ces personnes. Je ne suis pas médecin, ni art thérapeute, mais quand on travaille au jour le jour avec ces personnes, on voit une évolution dans leur comportement. Finalement, ce n’est pas si étonnant. Pour ces personnes âgées, la danse est un souvenir. Lorsqu’ils dansent, ils revivent un temps passé et il y a forcément des moments heureux qui nourrissent leurs mouvements. Avec les résidents, chaque geste a une histoire, un vécu et il est pleinement habité. Je trouve dommage que les thérapies par la danse ne soient pas plus prises en considération. Pour moi il y a une mémoire du corps et elle doit être prise en compte parce qu’elle aide à vivre mieux. »

Fondation Vaincre Alzheimer : Si vous deviez faire un parallèle entre l’art et la recherche, quel serait-il ?

R.F. : « Je pense qu’il y a quelque chose d’assez similaire entre la science et l’art. Il y a cette idée de tâtonnement, de rechercher des voies différentes de celles qui existent déjà. Il y a quelque chose de très incertain qui peut parfois être dérangeant dans une société où on est dans l’idée de produire du concret. Mais je pense que sur un certain temps, ces démarches incertaines, de réflexion, de recherche, ont réellement un impact fort et parfois même encore plus fort que ce qui se produit dans l’immédiateté. C’est pour cette raison que je trouve très important que des associations ou fondations comme la Fondation Vaincre Alzheimer existent parce qu’elles sont dans la recherche d’un idéal et l’idéal dans ce cas présent est de vaincre un jour la maladie d’Alzheimer. »

Fondation Vaincre Alzheimer : Pour conclure, que retenez-vous de ces quelques mois passés au sein de l’EHPAD Sainte-Anne d’Auray de Châtillon ?

R.F. : « Je suis très content d’avoir accepté de participer à ce projet. Il y a en effet quelque chose de très joyeux et d’extraordinaire d’investir le quotidien d’une maison de retraite, surtout lorsque vous êtes accueillis comme je l’ai été. Je tiens également à remercier les psychomotriciennes qui font un travail formidable et qui sont là au jour le jour pour relayer tout mon travail. C’est elles qui travaillent avec les résidents les jours où je ne suis pas là et leur refont faire les mouvements que l’on a appris ensemble, leur reparlent des ateliers ou leur proposent d’écrire des textes par rapport à ces séances. Sans l’investissement de toutes ces personnes, je n’aurais jamais eu les mêmes résultats. Donc un grand merci à elles ! »

 

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