Avant les années 2000, le diagnostic clinique de la maladie d’Alzheimer était un diagnostic d’exclusion : il était posé après élimination des autres maladies neurologiques ou autres affections provoquant des démences. Il était également posé en priorité pour des patients présentant déjà des symptômes cliniques de démence et un nombre important de lésions cérébrales. Depuis 2007, il existe des tests neuropsychologiques capables de détecter de façon précoce les premiers troubles de la mémoire de la maladie d’Alzheimer. Des examens biologiques sont également associés et une imagerie cérébrale est recommandée.

L’imagerie structurelle telle que l’IRM permet de mesurer l’atrophie du lobe temporal médian (qui est un marqueur du développement de la maladie d’Alzheimer), et l’atrophie de plus petites structures comme l’hippocampe (région essentielle à la mémoire) et l’amygdale (région essentielle pour ressentir et percevoir certaines émotions).

L’imagerie fonctionnelle telle que la TEP permet de mesurer une baisse de la consommation de glucose qui est un reflet d’une réduction du métabolisme neuronal observée dans la maladie d’Alzheimer. La TEP est également utilisée avec des ligands radiomarqués (comme la TEP-amyloïde) pour analyser quantitativement les lésions cérébrales appelées plaques amyloïdes.

Une analyse du Liquide Céphalo-Rachidien (LCR) peut être proposée chez les personnes dont le diagnostic est encore hésitant ou atypique, en particulier chez les patients jeunes. Ce fluide biologique transparent est prélevé par ponction lombaire, dans le bas du dos. C’est dans ce liquide que baignent le cerveau et la moelle épinière. Il permet de mesurer les biomarqueurs de la maladie d’Alzheimer : la protéine Aβ42 (principal constituant de la lésion cérébrale appelée plaque sénile), la protéine tau hyperphosphorylée (principal constituant de la lésion cérébrale appelée dégénérescence neurofibrillaire) et la protéine tau totale (marqueur de la mort neuronale).

L’ensemble de ces examens permet de déterminer de façon très spécifique les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer au stade clinique, et de poser de façon précoce chez des personnes avec des troubles cognitifs légers (MCI) une probabilité d’évolution ou de conversion vers un stade clinique de la maladie d’Alzheimer.

Le diagnostic formel de la maladie d’Alzheimer ne peut être obtenu que par autopsie du cerveau post-mortem, en observant les lésions cérébrales de la maladie (plaques séniles et dégénérescences neurofibrillaires) dans des régions cérébrales particulières. Le recours à une biopsie cérébrale sur personne vivante pour le diagnostic de la maladie d’Alzheimer est contraire à l’éthique médicale : l’examen n’est pas sans risque et il s’avère peu utile car la biopsie peut passer à côté des lésions cérébrales.

Un diagnostic précoce est important pour appliquer au plus tôt les traitements médicamenteux actuels, mais également tous les conseils préconisés en matière de prévention, stimuler au mieux les facultés cognitives et de mémorisation. Il permet aussi au malade d’anticiper, de prendre des dispositions pour l’avenir tant qu’il possède encore toutes ses facultés de discernement et de prise de décision.