Pourquoi certaines personnes de 90 ans ont-elles l’énergie d’un septuagénaire, tandis que d’autres, bien plus jeunes, semblent déjà fatiguées ? Grâce à une avancée majeure, la science pourrait désormais mesurer l’âge réel de nos organes. Une découverte qui ouvre des perspectives inédites pour la santé et la prévention des maladies neurocognitives.
Âge chronologique vs âge biologique : la grande différence
Les chercheurs utilisent une technique innovante : l’analyse du protéome plasmatique. En étudiant des milliers de protéines présentes dans le sang, ils peuvent déterminer l’âge biologique des organes, comme le cerveau, le cœur ou le foie.
Résultat ? Une personne de 50 ans peut avoir un cerveau de 40 ans… ou de 60 ans. Cette différence n’est pas anodine : un cerveau biologiquement plus âgé augmenterait significativement le risque de développer la maladie d’Alzheimer, de la même manière que lorsqu’une personne possède 1 copie du gène APOE4, principal facteur de risque génétique connu.
À l’inverse, un cerveau plus jeune réduirait ce risque. Une piste prometteuse pour la prévention du déclin cognitif.
Comment rajeunir l’âge de son cerveau ?
Les études révèlent que certains facteurs pourraient accélérer le vieillissement :
- Tabagisme
- Consommation excessive d’alcool
- Alimentation riche en viandes transformées
- Manque de sommeil
- Faible niveau d’éducation
Mais il existe aussi des leviers pour ralentir ce processus :
- Un niveau d’études élevé
- Une activité physique intense
L’activité physique, clé d’un cerveau en bonne santé
Les mécanismes sont encore à l’étude, mais des études précliniques ont déjà mis en évidence l’impact de l’activité physique sur la neuroinflammation, la création de nouveaux neurones et sur l’agrégation des protéines toxiques impliquées dans la maladie d’Alzheimer.
« L’âge est modifiable ! Ce qui n’est pas modifiable, c’est notre âge chronologique, c’est-à-dire le temps qu’on a passé sur Terre. Ce que l’on peut modifier aujourd’hui, c’est comment ce temps passé sur Terre, nous l’avons vécu au niveau biologique, c’est à dire comment le vieillissement biologique s’exprime chez chacun d’entre nous. », souligne le Prof. Sandrine Andrieu dans le rapport de la recherche 2025 de la Fondation Vaincre Alzheimer. Une raison de plus pour bouger, quel que soit son âge.
Sources :
- Organ aging signatures in the plasma proteome track health and disease
Oh HS et al., Nature. 2023 Dec;624(7990):164-172.doi: 10.1038/s41586-023-06802-1. Epub 2023 Dec 6.
- Plasma proteomics links brain and immune system aging with healthspan and longevity
Oh HS et al., Nat Med. 2025 Aug;31(8):2703-2711. doi: 10.1038/s41591-025-03798-1. Epub 2025 Jul 9.
- Physical activity modifies associations between cerebrospinal fluid tau measures and executive function
Dougherty RJ. et al. Alzheimers Dement (N Y). 2025 Apr 15;11(2):e70085. doi: 10.1002/trc2.70085
Âge biologique vs âge chronologique : que retenir ?
1. Qu’est-ce que l’âge biologique du cerveau ?
L’âge biologique correspond à l’état réel de nos organes, mesuré grâce à l’analyse des protéines sanguines. Il peut différer de l’âge chronologique (celui de la carte d’identité). Par exemple, une personne de 50 ans peut avoir un cerveau de 40 ans… ou de 60 ans, selon son mode de vie.
2. Pourquoi l’âge biologique du cerveau est-il important ?
Un cerveau biologiquement plus âgé augmenterait le risque de maladie d’Alzheimer, autant que la présence d’une copie du gène APOE4. À l’inverse, un cerveau plus jeune réduirait ce risque, ce qui en fait un marqueur clé pour la prévention.
3. Comment rajeunir son cerveau ?
Certains facteurs accélèrent son vieillissement (tabac, alcool, alimentation transformée, manque de sommeil), tandis que d’autres le protègent : activité physique intense et niveau d’études élevé. Le sport, en particulier, stimulerait la formation de nouveaux neurones et limiterait l’inflammation cérébrale.