Le quotidien des personnes malades

COMMUNIQUER AVEC LE MALADE

Alors que la maladie d’Alzheimer progresse, il se peut que la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer ne comprenne pas clairement ce qui se passe autour d’elle ou ce qu’on attend d’elle. Il s’agit d’un problème difficile à la fois pour le malade, qui peut être dérouté, voire agressif car il ne comprend pas ce qu’on lui dit, et pour la personne qui s’en occupe quotidiennement, qui peut perdre patience devant le manque de compréhension ou de réactivité de son proche.

Voici quelques techniques qui peuvent vous aider à communiquer avec votre proche malade :

  • Adressez-vous directement à la personne en la regardant pour vous assurer qu’elle vous a entendu.
  • Parlez lentement et avec un ton de voix calme.
  • Utilisez des phrases courtes avec une seule idée à la fois. Les questions fermées (amenant une réponse par oui ou non) sont plus simples que les questions ouvertes qui appellent à une réflexion et à la construction d’une phrase.
  • Utilisez des phrases déclaratives (« Il est l’heure de manger ») au lieu de demander à la personne malade ce qu’il ou elle souhaite faire. Cela pourrait l’embrouiller.
  • Essayez d’éviter les discussions autour de sujets dont la personne n’a plus aucun souvenir. Encouragez-la à discuter de choses familières.
  • Essayer d’éviter les perturbations lorsque vous vous adressez à votre proche tels que le bruit ou les activités. Il peut être difficile pour lui de se concentrer sur ce que vous lui dites.

Alzheimer et repas

LES REPAS, UN MOMENT PRIVILÉGIÉ

Outre la nécessité vitale de se nourrir, le repas peut être un réel moment de plaisir dans la journée d’un malade d’Alzheimer. C’est pourquoi il ne doit pas devenir une source de tensions ou de découragement dus à la diminution des facultés du malade.

Vous pouvez augmenter la joie qu’ils procurent en établissant une routine, en minimisant les distractions et en organisant les repas d’une manière qui prend en considération la diminution de l’autonomie de la personne pour cette activité.

Voici quelques astuces qui pourraient vous aider :

  • Servez un aliment à la fois : de cette façon, la personne n’aura pas à décider celui qu’elle doit manger en premier, cela lui simplifiera l’action
  • Soyez attentif à noter les plats et aliments que la personne apprécie
  • Utilisez de préférence une assiette sans motifs, de couleur claire à poser une nappe unie, plus foncée Utilisez des verres, gobelets, tasses à base large
  • Pour limiter la frustration, si la personne n’est plus capable de couper les aliments, préparez-les-lui en morceaux de la taille d’une bouchée
  • La personne ne sait-elle plus comment se servir d’une fourchette ? Montrez-lui l’action : en vous regardant faire, il se peut que cette capacité lui revienne. Sinon, proposez-lui une cuillère
  • Si l’utilisation des couverts n’est plus possible, pensez à servir de la nourriture qui peut se manger avec les doigts.
  • Un tablier en plastique et une nappe en plastique vous faciliteront le nettoyage.
  • Ne servez pas de boissons très chaudes de façon à éviter le risque qu’elle ne se brûle ou n’abîme l’émail de ses dents.

Autres problèmes possibles :

Certaines personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer oublient qu’elles viennent de prendre un repas et en réclament un autre. Ne cherchez pas à argumenter. Trouvez une autre distraction. Par exemple, demandez à la personne de faire quelque chose avec vous auparavant. Cette activité lui fera penser à autre chose que manger.

Qu’en est-il des personnes qui pillent le réfrigérateur / les placards contenant les denrées alimentaires ? Si ceux-ci contiennent des aliments ou des boissons qui lui sont interdits pour raison médicale ou dont il est préférable de contrôler la quantité ingérée il faudra essayer d’en empêcher l’accès ( clés, cadenas) ou les dissimuler dans un autre emplacement (placard ou un petit réfrigérateur dans la cave par exemple).

Essayez d’avoir toujours des petits encas bons pour la santé sous la main.

Alzheimer : la vie au quotidien

LA TOILETTE DU MALADE

De temps à autre, il se peut que la personne refuse de se laver. La raison pour laquelle elle refuse de se laver est que le bain est devenu trop difficile pour elle ou qu’elle a maintenant peur de l’eau. A cause de problèmes de vision, il peut être difficile pour elle de distinguer la forme du bain ou de la douche. Il se peut qu’elle ait oublié le fonctionnement des robinets ou ne se souvienne plus de ce qu’elle doit faire avec le savon, qu’elle ne sache à quoi sert une brosse à dents ou comment il faut l’utiliser. Alors que la maladie progresse, la coordination et l’équilibre commencent à être affectés. Cela peut augmenter les problèmes de sécurité.

Quelles que soient les raisons, évitez de demander à la personne si elle a besoin de se laver. Dites simplement que c’est l’heure du bain. Cela peut marcher de manière plus efficace si vous mettez en place une routine incluant l’heure et le lieu du bain.

Il peut être difficile pour le malade d’accepter que ce soit un de ses proches qui s’occupe de sa toilette. Une personne extérieure peut parfois être mieux acceptée.

Voici quelques conseils pour vous aider à l’heure du bain :

  • Ayez tout à portée de main avant de commencer. Cela permet d’éviter les distractions.
  • Assurez-vous que la pièce est assez chauffée. Si besoin, placez une serviette sur les épaules de la personne malade pour qu’elle ait plus chaud. Cela peut également lui apporter un plus grand sentiment d’intimité.
  • Ne remplissez la baignoire qu’avec quelques centimètres d’eau et vérifiez la température de l’eau.
  • Prêtez attention aux huiles ou tout produit susceptible de rendre la baignoire glissante.
  • Donnez le bain en plusieurs étapes. Annoncez les étapes de la toilette simplement.
  • Si la personne a besoin d’être guidée dans la toilette mais est encore capable de se laver elle-même, ayez une approche simple : «Voici le gant de toilette, lave ton bras».
  • Soyez calme mais ferme. Evitez les distractions ou les discussions. Il vaut mieux se concentrer sur la tâche en cours.
  • Prenez votre temps en vous adaptant à la capacité du malade et l’humeur du jour/
  • La toilette est l’occasion de vérifier s’il y a des duretés, des soucis de peau ou des ongles à couper.

Souvenez-vous d’enlever le verrou de la salle de bains pour éviter que la personne ne s’enferme. Attention également aux séchoirs, rasoirs électriques, rasoirs, paires de ciseaux !

Habillement et maladie d'Alzheimer

L’HABILLAGE

Il convient, autant que possible, dencourager la personne à s’habiller seule tant qu’elle en est capable. Ses habitudes passées en terme d’habillement doivent être prises en considération. La routine est souvent ce qui marche le mieux dans toutes les activités journalières.

Voici quelques suggestions qui peuvent augmenter l’indépendance de la personne sur ce point :

  • L’habillage peut devenir un vrai problème si les vêtements ne vont pas bien à la personne. Il est utile de vérifier si sa taille n’a pas changé.
  • Préférez les vêtements à velcro ou à élastiques qui évitent la difficulté du boutonnage. Les vêtements du type jogging par exemple sont faciles à mettre. Les gilets sont également plus faciles à mettre que les pulls à enfiler.
  • Ne demandez pas à la personne de choisir ses vêtements. Choisissez-les pour elle et placez-les dans l’ordre dans lequel ils doivent être mis.
  • Utilisez  des photos de magazine pour nommer les vêtements.
  • Enlevez les vêtements qu’elle porte rarement pour réduire les choix possibles.
  • Ne pressez jamais la personne, elle a besoin de plus de temps pour s’habiller.
  • Mettez les peignes et les brosses en évidence.

La vie au quotidien avec un malade d'Alzheimer

PASSAGE AUX W.C.

Les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer peuvent avoir des difficultés à aller aux toilettes à temps. Un examen médical permettra de déterminer si ceci est lié à un problème médical ou pas.

S’il n’y a pas de cause médicale, les petits accidents sont dus aux troubles causés par la maladie d’Alzheimer. Il se peut que la personne ait des difficultés à se souvenir où se trouvent les toilettes.

Pour vous aider :

  • Établissez des horaires réguliers pour emmener la personne aux toilettes ou lui indiquer d’y aller. Commencez avec deux heures d’intervalles et pensez à l’emmener dès le réveil et avant et après la sieste. Ajustez les intervalles, si nécessaire.
  • Allumez la lumière dans la chambre, le couloir et les toilettes.
  • Peignez la porte des toilettes d’une couleur vive ou mettez dessus quelque chose qui attire l’œil, une photo des toilettes par exemple, car la personne ne sera peut-être plus en mesure de lire les mots « toilettes » ou « W.C. ».
  • Essayez les housses protectrices et les couches pour adultes (une infirmière peut vous aider à choisir ces produits).
  • Vous devrez sûrement prévoir d’utiliser les couches pour adultes à un moment ou à un autre de la maladie.